JE COSMETIQUE  

 

Caprylic/capric triglyceride :

L’ingrédient « naturel » qui a remplacé les silicones sans vraiment résoudre le problème

 

Retournez n’importe quel flacon

— crème, sérum, huile sèche, soin bio certifié —

et vous le trouverez presque à coup sûr dans la liste INCI : caprylic/capric triglyceride.

Discret, technique, relégué au rang des excipients, cet ingrédient est pourtant l’un des plus utilisés de toute l’industrie cosmétique mondiale.

Il se présente en naturel. Il a une réputation propre. Et il mérite qu’on l’examine honnêtement.

Ce qu’il est, chimiquement

Le caprylic/capric triglyceride est fabriqué à partir des acides gras de l’huile de coco ou de palmiste, via un procédé industriel de fractionnement et d’estérification avec du glycérol. On en isole les acides caprylique (C8) et caprique (C10), réassemblés en une molécule stable, légère, inodore.

Le résultat : une huile sèche, fluide, au toucher soyeux et non gras.

 

Pourquoi les formulateurs l’adorent

Ses qualités technologiques sont réelles et documentées :

  • Texture légère, étalement impeccable
  • Stabilité à l’oxydation excellente — il ne rancit quasiment pas
  • Vecteur efficace pour les actifs liposolubles (vitamines, filtres UV)
  • Compatible avec presque toute la palette d’ingrédients
  • Bien toléré, y compris par les peaux sensibles

Pour un formulateur industriel qui cherche une base universelle, stable et peu coûteuse, c’est un ingrédient presque parfait. C’est précisément pour ça qu’il est partout.

 

Comment il a remplacé les silicones et le problème qu’il a déplacé?

Dans les années 2000–2010, la pression consommateur a poussé l’industrie à abandonner silicones et huiles minérales  polluants, peu biodégradables, issus du pétrole.

Le caprylic/capric triglyceride s’est imposé comme remplaçant idéal : même légèreté, même glisse, mais issu d’une plante.

Les marques ont pu afficher « sans silicone », « sans huile minérale », « d’origine naturelle ».

Mais en résolvant un problème visible, l’industrie en a créé un autre, moins visible : elle a simplement déplacé la pression vers une agriculture intensive à l’autre bout du monde.

L’envers du décor?

L’huile de palmiste — principale source industrielle de cet ingrédient — est au cœur d’une controverse environnementale sérieuse. Sa culture intensive en Malaisie et en Indonésie est directement liée à la déforestation de forêts tropicales et à la destruction de tourbières, parmi les écosystèmes les plus riches en carbone de la planète.

L’huile de coco, moins controversée, n’est pas sans impact : culture intensive, transport longue distance depuis l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique latine, bilan carbone non négligeable.

Naturel ne veut pas dire vertueux. Un ingrédient peut être 100 % d’origine végétale et profondément néfaste pour les écosystèmes qui le produisent.

Mettre en avant le caractère « naturel » du caprylic/capric triglyceride sans mentionner l’origine de sa matière première, c’est du greenwashing qu’on soit une marque conventionnelle ou certifiée bio.

Un ingrédient actif ? Non. Un excipient.

C’est l’argument qu’on entend peu, et qui est pourtant essentiel : le caprylic/capric triglyceride ne fait rien pour la peau.

Sa transformation industrielle élimine tout ce qui faisait la richesse de l’huile d’origine :

  • Aucun acide gras essentiel (oméga 3, oméga 6)
  • Aucun polyphénol, aucune vitamine naturelle
  • Aucune action biologique documentée sur le tissu cutané

C’est un outil de formulation. Une texture. Un vecteur. Rien de plus.

On a pris une matière première végétale vivante, on l’a appauvrie industriellement jusqu’à la rendre inerte, et on la présente dans une cosmétique « naturelle » comme preuve de vertu. Le mensonge n’est pas dans la chimie, il est dans la communication.

     

    La vraie alternative : des huiles brutes, françaises, actives

    Si l’objectif est de formuler mieux 

    pour la peau comme pour la planète

    les huiles végétales brutes, non transformées, produites sur le territoire, sont la réponse cohérente.

    Elles sont biologiquement actives. Elles ont une empreinte carbone incomparablement plus faible.

    Et elles racontent une histoire traçable.

    En voici quelques unes mais il en existe beaucoup d’autres tout aussi intéressantes pour la peau ou les cheveux

    Huile Origine Ce qu’elle fait vraiment
    Chanvre Alsace, Auvergne Oméga 3/6 équilibrés, action apaisante, peaux mixtes et réactives
    Cameline Normandie, Aquitaine Très riche en oméga 3, antioxydante, régénérante pour peaux matures
    Tournesol Sud-Ouest, Bourgogne Vitamine E, adoucissante, excellente tolérance
    Noisette Périgord Pénétrante, séborégulatrice, peaux grasses et mixtes
    Prune Lot-et-Garonne Riche en vitamine E et acide oléique, nourrissante, peaux sèches et matures
    Carthame Centre, Bourgogne Très riche en oméga 6, fluide, peaux sujettes aux rougeurs
    Courge Aquitaine, Centre Riche en zinc et phytostérols, régulatrice, regénérante

    Privilégiez les bio AB, première pression à froid, approvisionnement français ou européen traçable. 

    L’engagement JE : aucun ingrédient inerte

    Chez JE Cosmétique, nous avons fait un choix de formulation qui ne va pas de soi dans l’industrie : 

    chaque ingrédient présent dans une formule doit avoir une raison d’être biologique pour la peau.

    Pas de remplissage.

    Pas d’excipient « naturel » dont la seule fonction est de faire bonne impression sur une liste INCI.

    Le caprylic/capric triglyceride remplit techniquement son rôle

    mais il n’a rien à dire à votre peau.

    Nous ne l’utilisons pas.

    À sa place, nos formules s’appuient sur des huiles végétales brutes, françaises quand c’est possible, première pression à froid? des matières premières qui apportent simultanément texture, vecteur et action biologique documentée.

    Moins d’ingrédients, mais chacun choisi pour ce qu’il fait réellement.

    C’est ce que nous appelons formuler avec intention.

    Pas pour simplifier l’étiquette.

    Pour que chaque composant mérite sa place.

     

    Un ingrédient honnête dans sa chimie, mais instrumentalisé dans sa communication.

    La slow beauty ne commence pas à l’application

    elle commence à la sélection de chaque matière première.